10 ans avec… La Boucherie Littéraire

Vendredi 25 octobre à 19h30

En présence de son éditeur Antoine Gallardo qui a fondé la maison d’édition il y a quatre ans, nous accueillons deux auteurs parmi les fidèles de la Boucherie Littéraire. Chacun d’eux a publié ces derniers mois un nouveau recueil, dans un univers et une thématique assez différents et manie une prose poétique très en lien avec son sujet. Emanuel Campo, avec qui nous avions fêté la naissance de son premier recueil « Maison », propose une poésie directe et concrète, parfois décalée, parfois drôle ou touchante. « Faut bien manger » s’attaque à l’univers du travail dans tous ses états et décrit surtout les relations que nous entretenons avec lui. Les rapports hiérarchiques ou de compétition, les tics de langage, la peur de le perdre et celle du lendemain. Emanuel passe au crible toutes sortes de situations avec vivacité et humour.

Du côté de Marlène Tissot et de son recueil « Amnésies », nous traversons du côté de l’introspection et de l’étrangeté. Convoquant les personnages de Lewis Caroll et son Alice, elle interroge deux amnésies, l’une suite à un accident, l’autre plus intérieure, la panne de la création. A travers deux longs poèmes, Marlène Tissot part à la recherche du trou de mémoire.

Deux poètes et une maison d’édition amie, pour une soirée imaginée à partir d’un catalogue dans lequel de jeunes poètes contemporains partagent le goût de la lecture publique et de la scène.

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10 ans avec… Emmanuelle Pireyre

Jeudi 17 octobre à 19h30

Depuis Féerie générale, nous avons pris l’habitude d’attendre des livres d’Emmanuelle Pireyre quelque chose de forcément étonnant et forcément décalé. Son dernier roman, Chimère, comédie réjouissante, oscille entre la manipulation génétique et la manipulation politique. Ce sont là ses deux principaux sujets et toute la réflexion qui découle de ce monde en pleine mutation. Mais c’est comme toujours par l’humour et l’ironie qu’ Emmanuelle Pireyre nous invite à entrer dans ses recherches qu’elle a poussées très loin. La narratrice de ce roman est journaliste. Du coup, le livre ressemble plutôt à un reportage. Sauf que la réalité qu’il nous conte nous fait presque penser à de la science-fiction.

Tout l’intérêt du livre, et le génie de son auteure, est de nous faire appréhender notre degré d’avancement autant dans nos aptitudes scientifiques que dans notre pratique ultra-contemporaine de la concertation citoyenne. A travers une galerie de personnages tout à fait excentriques qui va se retrouver à plancher sur la problématique du « Temps libre », nous suivons les observations de la journaliste qui tente bon an mal an de les synthétiser mais qui vont toutes à l’envers d’une cohérence sociétale ou un semblant d’universalité. Si le récit est fort difficile à résumer, Chimère est un livre plaisant car simple d’accès notamment grâce à sa plume vive et pleine d’humour. Une langue avec laquelle elle parvient à cerner des phénomènes complexes et malmène les idées figées mais qui insinue dans nos esprits une réflexion approfondie sur l’évolution humaine au sens large dans laquelle nous sommes embarqués.

10 ans avec… Anouck Patriarche, Lilas Cognet et Cédric Marchal autour de l’album « Mutjaba » aux éditions Amaterra

Jeudi 3 octobre à partir de 18h30

Mutjaba est un pigeon voyageur et musicien qui partage ses chansons à travers le monde. Fraîchement débarqué sur le quai Augagneur, il cherche un endroit où élire quelques temps domicile. Un autre pigeon l’emmène dans le quartier de Bron si symbolique de l’urbanisme des années 50. La barre de l’UC1 qui fut lors de son inauguration en 1958 la plus grande barre d’Europe et qui borde le périphérique sera son nouveau toit. Mutjaba va y faire la connaissance de ses habitants au moment où ceux-ci apprennent que cet ensemble immobilier va être démoli… C’est à partir d’un travail d’accompagnement ethnographique des procédures de relogement que cet album est né dans l’imagination d’Anouck Patriarche.

Au départ, Lyon Métropole Habitat fait appel à ses services dans le cadre d’un « Projet Mémoire » qui dura trois ans, pendant lesquels elle recueillera les témoignages des habitants en même temps que l’Histoire du quartier et de la fameuse barre. Puis, elle travaillera avec les élèves d’une école primaire et d’un lycée de la ville pour « immortaliser » cet immeuble et sa disparition prévue pour 2020. Le livre qui en résulte, entre album et BD est accompagné d’un CD dans lequel cette histoire est « mise en sons ».

Aussi, nous vous proposons une soirée à la découverte de ce magnifique et émouvant livre en proposant une lecture par Cédric Marchal directeur artistique et comédien, à 18h30. Celle-ci se poursuivra par un entretien avec Anouck Patriarche, auteure et l’illustratrice Lilas Cognet qui a mis cette histoire en image.

10 ans avec… Fanny Ducassé

Samedi 28 septembre à 10h30

Depuis son premier album « Louve » paru en 2014 chez Thierry Magnier, nous n’avons cessé de nous réjouir à chaque nouvelle parution de Fanny Ducassé. Qu’elle nous emmène dans des forêts touffues, des intérieurs chaleureux qui sentent bon le gâteau ou encore dans des ruches d’abeilles foisonnantes, l’émerveillement est toujours au rendez-vous. Le soin apporté aux couleurs, aux motifs et la délicatesse des textes qui les accompagnent participent à créer un univers profondément singulier. Nous avions déjà eu le plaisir de recevoir Fanny Ducassé pour un atelier de dessin à la librairie en 2015, elle revient cette année pour figurer au programme des dix ans de la librairie à l’occasion de la parution de son nouvel album «  La croisière d’Amanda Cœur », une enquête à bord d’un paquebot somptueux, où l’on peut croiser au hasard d’un détour une mallette, des cerises, une sirène, ou encore un homme et son dé…

Cette fois-ci, elle nous propose un atelier de dessin et d’écriture destiné aux enfants à partir de 7 ans, prêts à dégainer leur imagination et leurs feutres de couleurs pour démêler les nombreux mystères qui peuplent cette histoire énigmatique…

De 10h30 à 12h00, gratuit. Merci de réserver uniquement par téléphone : 04 37 70 41 62

L’atelier sera suivi d’une séance de dédicace jusqu’à 13h00

10 ans avec… Jeanne Benameur

Jeudi 19 septembre à 19h30

Deux ans après sa lecture musicale de « L’enfant qui », Jeanne Benameur vient une cinquième fois nous rendre visite. Entre temps, la figure de la fable et de l’absence s’est achevée avec « La géographie absente ». Puis, au printemps dernier, elle a publié, aux éditions Bruno Doucey, « L’Exil n’a pas d’ombre » qui se termine ainsi : « Ils sont devant la mer / Elle dit Il y a un autre horizon / Et lui Il y a des mondes et des mondes ». Avec « Ceux qui partent », son nouveau roman, Jeanne Benameur explore une nouvelle fois l’exil par une de ses figures les plus symboliques : Ellis Island, porte d’entrée de l’Amérique. En cette année 1910, ils sont une poignée à attendre sur cette île le passage vers une vie totalement neuve.

Ce sont leurs derniers instants dans un ancien vêtement, dans leur langue maternelle qui ne va être qu’une marque d’identité mais qui ne servira plus. Retenus un jour et une nuit, les voilà confrontés à l’attente mais aussi aux routes, aux rêves et aux appréhensions des autres. Parallèlement, Andrew Jònsson, jeune new-yorkais et photographe amateur cherche en créant des clichés à relier cet attente à la branche paternelle de sa famille, deux génération avant lui. Ce thème de l’exil à travers les mots de Jeanne, se décline, comme d’habitude, dans des cheminements intimes et dans des questionnements universels. Paroxysme du sentiment de liberté comme d’abandon, elle nous les rend à fleur de peau, avec toute l’intensité que pourraient contenir les photo d’Andrew. Cela n’est pas sans faire penser à l’exposition des photographies d’Augustus F. Sherman que l’on peut voir aujourd’hui sur l’île. Il fallait une plume comme celle de Jeanne pour réanimer ces clichés.