10 ans avec… Jeanne Benameur

Jeudi 19 septembre à 19h30

Deux ans après sa lecture musicale de « L’enfant qui », Jeanne Benameur vient une cinquième fois nous rendre visite. Entre temps, la figure de la fable et de l’absence s’est achevée avec « La géographie absente ». Puis, au printemps dernier, elle a publié, aux éditions Bruno Doucey, « L’Exil n’a pas d’ombre » qui se termine ainsi : « Ils sont devant la mer / Elle dit Il y a un autre horizon / Et lui Il y a des mondes et des mondes ». Avec « Ceux qui partent », son nouveau roman, Jeanne Benameur explore une nouvelle fois l’exil par une de ses figures les plus symboliques : Ellis Island, porte d’entrée de l’Amérique. En cette année 1910, ils sont une poignée à attendre sur cette île le passage vers une vie totalement neuve.

Ce sont leurs derniers instants dans un ancien vêtement, dans leur langue maternelle qui ne va être qu’une marque d’identité mais qui ne servira plus. Retenus un jour et une nuit, les voilà confrontés à l’attente mais aussi aux routes, aux rêves et aux appréhensions des autres. Parallèlement, Andrew Jònsson, jeune new-yorkais et photographe amateur cherche en créant des clichés à relier cet attente à la branche paternelle de sa famille, deux génération avant lui. Ce thème de l’exil à travers les mots de Jeanne, se décline, comme d’habitude, dans des cheminements intimes et dans des questionnements universels. Paroxysme du sentiment de liberté comme d’abandon, elle nous les rend à fleur de peau, avec toute l’intensité que pourraient contenir les photo d’Andrew. Cela n’est pas sans faire penser à l’exposition des photographies d’Augustus F. Sherman que l’on peut voir aujourd’hui sur l’île. Il fallait une plume comme celle de Jeanne pour réanimer ces clichés.