Archive for the 'Littérature francophone' Category

Rencontre avec Cécile Coulon pour « Trois saisons d’orage » aux éditions Viviane Hamy

Mardi 07 mars à 19h30

trois-saisons-dorageAvec un talent qui ne cesse de se confirmer, Cécile Coulon, que nous avions accueillie à la parution de son deuxième roman, s’attache avec « Trois saisons d’orage » à un univers à la fois rural et ouvrier, à la réputation mauvaise. Pourtant, un jeune médecin lyonnais qui a assisté, impuissant, à la mort d’un enfant, décide de s’y installer et de se mettre au service d’une population malmenée par ses conditions de vie et de travail. L’arrivée de ce médecin va profondément changer le regard que chacun porte sur « Les Trois-Gueules ». Pourtant l’histoire de ce pays va rattraper et marquer le destin des générations suivantes…

« Trois saisons d’orage » contient les ingrédients d’une fable antique. Il y a les lieux et les personnages certes, coulon
qui n’échappent pas à une certaine fatalité. Mais il y a aussi les forces de la nature, celles qui cantonnent ou contraignent, qui vous emmènent malgré vous jusqu’à l’issue inéluctable. On a l’impression que l’auteure s’est laissé conter ces légendes par les villageois eux-mêmes, s’inspirant de ces existences pour inventer ses personnages et créer un roman inattendu, d’une violence sourde et fortement attachant.

Rencontre avec Régis de Sà Moreira pour « Comme dans un film » au Diable Vauvert

Jeudi 10 novembre à 19h30


comme-dans-un-filmRégis de Sá Moreira
est une voix très singulière de la littérature française contemporaine. C’est en suivant son itinéraire de très près, découvrant au passage une véritable perle – « Le libraire » (Diable Vauvert, 2004) qui lui a valu une certaine notoriété -, que l’on s’aperçoit que cet auteur s’épaissit et se complexifie. A la parution de « La Vie », il y a quatre ans, nous avions déjà eu envie de l’interroger sur cet étonnant roman qui changeait de personnage à chaque paragraphe, nous faisant faire un drôle de voyage jusqu’à l’intergalactique. Nous ne pensions pas à cette époque que ce livre-OVNI, n’était en fait qu’une première étape, un virage vers un ton encore plus personnel, une sorte de recherche stylistique et littéraire que « Comme dans un film » vient confirmer.

Cette fois, Régis de Sá Moreira, tente le roman dialogué, comme si les personnages (ici un couple)regis-de-sa-moreira venaient raconter aux lecteurs comment s’est déroulée leur propre histoire, en écho et en se complétant. On les suit sur plusieurs dizaines d’années, dans leur quotidien comme dans les grands questionnements des étapes importantes d’une vie. Des personnages secondaires, connus ou inconnus se mêlent et témoignent de ce parcours de vie. Ce nouveau roman tente en effet d’amener le cinéma dans la littérature dans une forme scénaristique et très humoristique. Un défi largement relevé.

Rencontre avec Antoine Choplin et Hubert Mingarelli

Mercredi 29 avril à 19h30

L'incendieDans cette correspondance imaginaire écrite « à quatre mains » Choplin et Mingarelli confondent leur univers littéraire et dévoilent pudiquement le passé douloureux de deux anciens soldats de la guerre d’ex-Yougoslavie. Après s’être brièvement croisés après vingt années où chacun a reconstruit une vie normale et loin des souvenirs, ils entament une correspondance suivie qui, peu à peu, poussée par la nécessité et la confiance des mots, fait ressurgir la réalité. Si ces deux brillants auteurs de la même génération ont souvent été comparés, on est sidéré de voir à quel point ils parviennent à confondre leurs écritures. Pour le lecteur il est impossible d’emblée de savoir lequel des deux s’est emparé de quel personnage. Le mystère reste entier mais le résultat est savoureux. L’incendie est publié aux éditions  La Fosse aux Ours

Rencontre avec Régis de Sà Moreira

Jeudi 04 octobre à 19h30

Pour les amateurs de littérature décalée, Régis de Sà Moreira a un penchant évident à mettre au défi certaines règles établies de la narration. Ses publications sont rares (cinq romans en douze ans) et ne sont jamais des pavés, mais il se forge à la force de l’humour un public d’aficionados et entre discrètement dans nos bibliothèques. Il faut dire qu’avec la parution du Libraire en 2005 et de Mari et femme en 2008, Régis de Sà Moreira nous a conté des héros dans une drôle de quête d’eux-mêmes côtoyant des situations des plus rocambolesques (voire fantastiques) avec un sens de l’observation et de la dérision qui puisait sa force dans une attachante profondeur.

Avec La Vie, il s’attache tant au fond qu’à la forme. Dans ce « roman », 481 personnages se passent le relais avec une étonnante évidence et dans un exercice de style d’une rigueur folle dont le principe est d’une extrême simplicité… Aussi, La Vie est un livre en forme de cerise sur le gâteau, une pépite qu’on a sitôt envie de partager avec le premier quidam venu, histoire d’en transmettre la bonne humeur, la trouvaille qui redonne le sourire. C’est aussi un miraculeux hommage à la communication muette des âmes.

Rencontre avec Frédéric Richaud pour sa biographie de Luc Dietrich

Vendredi 28 octobre à 19h30

Il est des rendez-vous trop rares pour qu’on puisse passer à côté. La parution de la biographie de Luc Dietrich par Frédéric Richaud en est un, à double titre.

D’abord parce que Luc Dietrich – bien injustement oublié aujourd’hui – est un auteur du passé dont certains continuent à découvrir les deux principaux romans de sa courte vie et en sont à coup sûr bouleversés. Ce destin à la fois brisé et plein d’une espérance, d’une quête forcenée est à lui seul romanesque. Son écriture poétique, réaliste et révoltée est le témoignage d’une existence absolument hors de toutes normes.

Ensuite, parce que Frédéric Richaud publie ici le résultat d’un travail de plus de vingt ans. C’est un hommage vivant, vibrant, d’une simplicité éclairée qui nous replonge dans les difficultés d’une époque trouble (Dietrich a vécu de 1913 à 1944)  et dans le foisonnement de personnages secondaires, connus (Supervielle, Del Vasto, Daumal, Delteil… ) ou inconnus qui redonnent à la vie et à l’oeuvre de Luc Dietrich toute sa richesse.