Archive for the 'Littérature francophone' Category

Rencontre avec Aurélien Delsaux pour « Sangliers » aux éditions Albin Michel

Lundi 20 novembre à 19h30

Rencontre organisée avec l’ENSSIB et l’ARALD

En 2014, le premier roman dAurélien Delsaux, « Madame Diogène », s’emparait d’une maladie fort mystérieuse et peu connue, le syndrome de Diogène. Construit en huis clos et se déroulant sur une seule journée, ce texte avait quelque chose de théâtral mais surtout une absolue maîtrise du sujet comme du traitement littéraire. Pas étonnant de découvrir au printemps dernier des affiches et flyers annonçant « Madame Diogène » au théâtre. L’auteur – qui est aussi metteur en scène – avait adapté son propre texte… Alertés par les qualités et l’originalité du premier roman, nous avons attendu le deuxième avec une certaine curiosité. « Sangliers » paru en août dernier confirme ce jeune talent de façon assez spectaculaire et amplifie la voix nouvelle et singulière que porte Aurélien Delsaux dans la littérature contemporaine.

Changement de décor. Cette fois, nous sommes entre Rhône et Alpes, une campagne isèroise où vivent une communauté d’habitants très isolés et délaissés par le pouvoir dans une économie largement mondialisée. Si les liens, en apparence, tiennent malgré les ambitions et les aspirations de chacun, entre la culture de la ruralité profonde et celle du péri-urbain, le drame sourd jusqu’à éclater. Dans un foisonnement de personnages, Aurélien Delsaux tente de comprendre comment, dans des coins de France oubliés, l’absence de lien et la vacuité politique finissent par faire des ravages et nourrissent les extrémismes. Il signe un deuxième roman résolument politique, engagé, en interrogeant les invisibles et le surgissement des monstres.

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Rencontre avec Brigitte Giraud pour « Un loup pour l’homme » aux éditions Flammarion

Mercredi 18 octobre à 19h30


Un loup pour l'hommeC’est une rentrée importante pour Brigitte Giraud, auteure lyonnaise, qui publie un roman en quête de l’histoire de ses parents et de sa propre naissance. En cette nouvelle rentrée littéraire, nombre de romans traitent de la guerre d’Algérie et tentent de livrer par la fiction ce que l’Histoire « officielle » nous refuse depuis longtemps. Si chaque auteur opte pour un prisme singulier, celui de Brigitte Giraud est en lien direct avec sa biographie. Vingt ans après la parution de son premier roman, elle avoue être devenue écrivain pour écrire ce livre-là. Sauf qu’il fallait tout ce temps pour approfondir le sujet quand, dans bon nombre de familles, la question des « événements d’Algérie » est évoquée en deux phrases, toujours les mêmes , alors que sa propre carte d’identité porte la mention « née à Sidi-bel-Abbès Algérie ».

A travers l’histoire d’Antoine, jeune appelé dont l’épouse Lila est enceinte et qui, intuitivement, brigittegirauddemande une formation d’infirmier pour ne pas avoir à manier les armes, Brigitte Giraud explore à la fois le mécanisme de la soumission, le silence sourd de cette guerre sans nom et l’implication sans fond dans le traumatisme. Elle explore magnifiquement tous les paradoxes auxquels sont confrontés ces jeunes gens, qui vivent malgré tout dans une forme d’insouciance et de militantisme non revendiqué. L’année 1960 qui marque une véritable bascule vers la violence les amène à une prise de conscience du danger, de l’accélération de l’Histoire à laquelle ils participent sans totalement la comprendre. La traversée de ce texte nous fait toucher du doigt les conséquences de cette guerre sur notre monde d’aujourd’hui mais nous livre en même temps un portrait d’époque qui ne manque ni de courage, ni d’empathie, ni d’amour.

Lecture musicale de « L’enfant qui » par Jeanne Benameur accompagnée par Benjamin Duboc

Jeudi 14 septembre à 19h30

« L’Enfant qui », publié en mai dernier, tient plus du conte ou du poème que du roman. C’est un texte intime, profond qui contient une part de mythe donc d’universel. Un texte d’abord insaisissable tout comme sa figure centrale : la mère, dont la disparition vient questionner le fondement de l’enfant qu’elle a mis au monde de manière sensationnelle et spirituelle. À travers sa quête solitaire, l’enfant recherche des sensations primaires et suit la rivière pour tracer son chemin, se construire en langage et en imaginaire. Adossé à l’absence, il s’élèvera jusqu’à « la maison de l’a-pic » pour se maintenir en équilibre au bord du royaume du doute et du champs infini des possibles.

Jeanne Benameur a porté ce texte longtemps avant de lui trouver une forme -si ce n’est définitive- en tous cas arrêtée. Mais comme toutes les fables du monde, L’Enfant qui est un poème en mouvement, c’est pourquoi son auteure privilégie une proposition de lecture plutôt que de rencontre. Benjamin Duboc vient habiller de sa contrebasse cette proposition.

Rencontre avec Cécile Coulon pour « Trois saisons d’orage » aux éditions Viviane Hamy

Mardi 07 mars à 19h30

trois-saisons-dorageAvec un talent qui ne cesse de se confirmer, Cécile Coulon, que nous avions accueillie à la parution de son deuxième roman, s’attache avec « Trois saisons d’orage » à un univers à la fois rural et ouvrier, à la réputation mauvaise. Pourtant, un jeune médecin lyonnais qui a assisté, impuissant, à la mort d’un enfant, décide de s’y installer et de se mettre au service d’une population malmenée par ses conditions de vie et de travail. L’arrivée de ce médecin va profondément changer le regard que chacun porte sur « Les Trois-Gueules ». Pourtant l’histoire de ce pays va rattraper et marquer le destin des générations suivantes…

« Trois saisons d’orage » contient les ingrédients d’une fable antique. Il y a les lieux et les personnages certes, coulon
qui n’échappent pas à une certaine fatalité. Mais il y a aussi les forces de la nature, celles qui cantonnent ou contraignent, qui vous emmènent malgré vous jusqu’à l’issue inéluctable. On a l’impression que l’auteure s’est laissé conter ces légendes par les villageois eux-mêmes, s’inspirant de ces existences pour inventer ses personnages et créer un roman inattendu, d’une violence sourde et fortement attachant.

Rencontre avec Régis de Sà Moreira pour « Comme dans un film » au Diable Vauvert

Jeudi 10 novembre à 19h30


comme-dans-un-filmRégis de Sá Moreira
est une voix très singulière de la littérature française contemporaine. C’est en suivant son itinéraire de très près, découvrant au passage une véritable perle – « Le libraire » (Diable Vauvert, 2004) qui lui a valu une certaine notoriété -, que l’on s’aperçoit que cet auteur s’épaissit et se complexifie. A la parution de « La Vie », il y a quatre ans, nous avions déjà eu envie de l’interroger sur cet étonnant roman qui changeait de personnage à chaque paragraphe, nous faisant faire un drôle de voyage jusqu’à l’intergalactique. Nous ne pensions pas à cette époque que ce livre-OVNI, n’était en fait qu’une première étape, un virage vers un ton encore plus personnel, une sorte de recherche stylistique et littéraire que « Comme dans un film » vient confirmer.

Cette fois, Régis de Sá Moreira, tente le roman dialogué, comme si les personnages (ici un couple)regis-de-sa-moreira venaient raconter aux lecteurs comment s’est déroulée leur propre histoire, en écho et en se complétant. On les suit sur plusieurs dizaines d’années, dans leur quotidien comme dans les grands questionnements des étapes importantes d’une vie. Des personnages secondaires, connus ou inconnus se mêlent et témoignent de ce parcours de vie. Ce nouveau roman tente en effet d’amener le cinéma dans la littérature dans une forme scénaristique et très humoristique. Un défi largement relevé.