Archive for the 'Littérature' Category

Rencontre avec Tanguy Viel

Mercredi 05 avril à 19h30


Tanguy Viel
ne se considère pas comme le maître du suspense mais joue avec le genre dans la plupart de ses romans. En voici un nouvel exemple avec « Article 353 du code pénal » qu’il compose cette fois-ci en huis clos, en face à face entre un juge et un homme ordinaire qui, suite à une arnaque immobilière, vient de tout perdre et n’a trouvé d’autre issue que de faire justice lui-même. Nous sommes en Bretagne dans les années 90. L’annonce – et l’aveu – du crime n’est évidemment qu’un prétexte à décortiquer le processus manipulateur qui a projeté Martial Kermeur dans une sombre relation avec un promoteur immobilier véreux.

Ce qui frappe avec l’œuvre de Tanguy Viel, c’est qu’il fait preuve dans chacun de ses romans d’une grande
maîtrise et d’une étonnante malice
. Dans un style bien à lui qui fait référence sans imiter, ce dernier roman campe une atmosphère provinciale à la Simenon. Mais « Article 353 du code pénal », soulève des sujets intimes et complexes dans le rapport à l’estime, au dénuement, à l’altérité mais aussi à la perversité, la manipulation et leurs dommages collatéraux. En résulte une lecture en mode majeur qui allie le plaisir de l’intrigue policière avec celui du voyage intérieur.

Rencontre dédicace avec Yves Pignard et Dominique Simon

Mardi 29 novembre à 19h30


empreintesBasé sur des textes que nous a laissés
Michel Aulas, qui fut longtemps chroniqueur et écrivain, l’histoire du livre Empreintes s’inscrit joyeusement dans le temps. Portés pour la première fois à la scène par Gérard Guillaumat dans une version appelée « Rêverie de deux saisonniers » et présentée au TNP, c’est à Yves Pignard qu’il incombât d’en créer une nouvelle version pour le théâtre des Marronniers en 1986 d’abord puis en 2015 qui aboutit au spectacle « Empreintes » .

spectacle-empreintesComposé de petites histoires drôles et pleines de malices, mystérieuses ou nostalgiques, qui ont toutes pour décor la terre du Beaujolais, cette dernière version théâtrale est doublement illustrée par la composition des paysages sonores de Serge Folie et les illustrations de Dominique Simon. A partir de ces différents matériaux, et accompagnée par les éditions du Poutan, l’équipage de cette aventure en Beaujolais a réalisé un livre afin de se replonger dans ces récits étonnants. La sélection des textes y côtoie les dessins de Dominique Simon que nous avions déjà rencontré pour ses illustrations d’un spectacle seul en scène de Jacques Weber : « Éclats de vie ».

Rencontre avec Nicolas Cavaillès pour « Les huit enfants Schumann » aux éditions du Sonneur

Jeudi 17 novembre à 19h30


les-huit-enfants-schumannIl y eut d’abord «
 Vie de Monsieur Leguat » (Prix Goncourt de la nouvelle en 2014) qui nous fit découvrir un écrivain concis, précis et salué pour avoir su conter en 70 pages, la vie d’exil d’un gentilhomme huguenot après la révocation de l’édit de Nantes. Cette vie d’aventures et d’infortunes témoignait, sous la plume de Cavaillès, d’une grande spiritualité, de mondes inexplorés et d’une grande violence humaine. Puis il y eut « Pourquoi le saut des baleines ?» (Prix Gens de mer 2015), petit traité naturaliste, ludique et passionnant qui s’évertuait à trouver des réponses à un mystère jamais élucidé. Une enquête fascinante aux confins de l’entendement et une formidable contemplation du vivant.

« Les huit enfants Schumann » sorti en mars dernier n’échappe pas ànicolas-cavailles la forme brève dans laquelle, finalement, Nicolas Cavaillès excelle. Presqu’autant de chapitres que de personnages, huit destins singuliers et douloureux sur lesquels plane l’ombre indéfectible des célèbres parents, et, d’une certaine façon la figure d’un absolu artistique. A travers ses portraits réalisés méticuleusement et consacrant à chacun la même égalité de traitement, Nicolas Cavaillès s’interroge sur le prix à payer d’un tel génie et dépeint scrupuleusement le monde et le milieu musical du XIXème siècle. Nicolas Cavaillès est un homme de lettres – en attestent ses travaux sur Cioran -, c’est aussi un romancier érudit et sensible, passeur de savoir et de passion.

Rencontre avec Régis de Sà Moreira pour « Comme dans un film » au Diable Vauvert

Jeudi 10 novembre à 19h30


comme-dans-un-filmRégis de Sá Moreira
est une voix très singulière de la littérature française contemporaine. C’est en suivant son itinéraire de très près, découvrant au passage une véritable perle – « Le libraire » (Diable Vauvert, 2004) qui lui a valu une certaine notoriété -, que l’on s’aperçoit que cet auteur s’épaissit et se complexifie. A la parution de « La Vie », il y a quatre ans, nous avions déjà eu envie de l’interroger sur cet étonnant roman qui changeait de personnage à chaque paragraphe, nous faisant faire un drôle de voyage jusqu’à l’intergalactique. Nous ne pensions pas à cette époque que ce livre-OVNI, n’était en fait qu’une première étape, un virage vers un ton encore plus personnel, une sorte de recherche stylistique et littéraire que « Comme dans un film » vient confirmer.

Cette fois, Régis de Sá Moreira, tente le roman dialogué, comme si les personnages (ici un couple)regis-de-sa-moreira venaient raconter aux lecteurs comment s’est déroulée leur propre histoire, en écho et en se complétant. On les suit sur plusieurs dizaines d’années, dans leur quotidien comme dans les grands questionnements des étapes importantes d’une vie. Des personnages secondaires, connus ou inconnus se mêlent et témoignent de ce parcours de vie. Ce nouveau roman tente en effet d’amener le cinéma dans la littérature dans une forme scénaristique et très humoristique. Un défi largement relevé.

Rencontre avec Thomas B. Reverdy pour « Il était une ville » aux éditions Flammarion

Jeudi 03 décembre à 19h30

Il était une ville couv.Il y a deux ans, la parution du cinquième roman de Thomas B. Reverdy nous avait alerté sur l’irrésistible ascension d’un écrivain en proie avec un début de XXIè siècle fascinant et effrayant. « Les évaporés » explorait le Japon d’après Fukushima à travers la disparition (volontaire) d’un homme dont la fille (avec l’aide d’un détective poète à ses heures) partait en quête des traces de son existence. « Il était une ville » paru à la rentrée, nous plonge dans une métropole américaine devenue fantôme qui ne cesse depuis quarante ans de s’enfoncer dans une crise économique sans précédent : Detroit.
Thomas B. Reverdy utilise Detroit comme un décor de science-fiction -ce qu’elle est – pour rendre sensible ce phénomène étrange et pourtant contemporain que peut être une ville officiellement déclarée en faillite, désertée de plus de la moitié de ses habitants et qui tombe en lambeaux. Elle sert alors une intrigue à la croisée d’une demi douzaine de personnages, témoins et victimes d’une impasse : celle de ne plus avoir d’horizon. Tout comme son précédent roman, « Il était une ville » vous happe et vous embarque par une apparente simplicité, puis révèle les contrastes entre ce que fut cette ville et laThomas B. Reverdy violence de sa chute.
Thomas B. Reverdy est finaliste du Prix Goncourt des Lycéens qui sera remis le 1er décembre. Le prix Joseph Kessel dont il fut le lauréat pour « Les évaporés » au Festival Etonnants Voyageurs lui va remarquablement bien.