Archive for the 'Rencontres' Category

Rencontre avec Ingrid Thobois pour « Miss Sarajevo » aux éditions Buchet-Chastel

Jeudi 18 octobre à 19h30

Miss SarajevoParmi les belles surprises des jeunes auteur(e)s de la rentrée littéraire, nous saluons unanimement le roman d’Ingrid Thobois « Miss Sarajevo ». Texte riche et maîtrisé sans lyrisme de façade, ce roman nous happe littéralement dès le premier chapitre et ne cesse de nous faire lever le nez tant il explore avec justesse certains mystères de la vie et de la renaissance. Dans un Paris-Rouen, nous abordons Joaquim Sirvins, 44 ans, alors qu’il va, à contre cœur, régler la succession de son père, dernier parent qu’il lui reste. Quelques drames et beaucoup de secrets ont jalonné la trajectoire de cette famille bourgeoise, ce qui l’a mené vingt ans auparavant à s’éloigner et rompre avec ces fardeaux trop lourds.Miss Sarajevo

Les allers- retours entre Rouen et Sarajevo vont alors s’alterner dans le fil du roman et dans la mémoire de Joaquim qui, devenu reporter de guerre, a trouvé dans le chaos des actes de résistance dans les moindres recoins du quotidien. Un défilé de mode qui donne le titre du livre et qui a effectivement eu lieu en plein siège, en est le symbole. On connaît Ingrid Thobois pour ses romans et ses albums pour le jeune public. Mais, discrètement et sûrement, elle publie régulièrement pour les adultes et fut déjà remarquée pour son très bref « Plancher de Jeannot » aux mêmes éditions. « Miss Sarajevo » est un texte ample, fouillé, intime qui révèle une plume extrêmement travaillée. C’est aussi un roman sur la détermination, la renaissance et la liberté. C’est pour toutes ces qualités et la certitude de découvrir une personnalité peu banale que nous avons désiré l’inviter.

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Rencontre avec Alfons Cervera pour « Un autre monde » aux éditions La Contre-Allée

Vendredi 05 octobre à 19h30

Une mémoire familiale qui exhume une mémoire collective, et c’est toute l’histoire de l’Espagne qui refait surface à travers « Ces vies-là » (note de l’éditeur)

Un autre monde« Un autre monde » poursuit le cycle romanesque que l’auteur dédie à la mémoire des vaincus en Espagne par le biais de l’histoire de sa famille. En s’adressant au fantôme de son père, il livre le regard d’un fils qui a dû se construire face au silence d’un père républicain, auteur d’actes de résistance, restés mystérieux. Alfons Cervera décide au milieu des années 90 de se consacrer à la mémoire de la guerre et de l’après-guerre civiles espagnoles. Ses textes évoquent les années grises du franquisme jusqu’au années 50, une époque marquée par la culpabilité, la peur, l’oubli. Parallèlement à cette tentative de récupération de la mémoire collective, il s’attache à retrouver les mémoires individuelles qui la constituent en même temps qu’il scrute les faille de la Alfons Cervertransition démocratique espagnole. D’où la parution de romans intimistes, proches de l’autobiographie, comme « Ces vies-là« , « Tant de larmes ont coulé depuis« , ou le dernier en date « Un autre monde« . Alfons Cervera s’adresse frontalement au fantôme de son père, décédé vingt ans auparavant, et dont le mutisme tout au long de sa vie interroge. Il ne parlait pas de son travail, ni des raisons de l’errance familiale de village en village, ni de ses talents reconnus pour le théâtre, ni de cet épisode de résistance, que le hasard mais aussi la ténacité permettront à l’auteur-narrateur de découvrir. En convoquant au fil des pages Faulkner, Lampedusa, Dostoïevski, Kafka et maints autres, « Un autre monde » devient moins une lettre au père qu’un roman sur le silence

Rencontre réalisée avec la complicité de Georges Tyras, traducteur et de l’ENS Lyon.

Rencontre avec Maïssa Bey pour son roman « Nulle autre voix » aux éditions de Aube

Jeudi 04 octobre à 19h30

Nulle autre voixLa voix de Maïssa Bey s’est fait entendre il y a maintenant plus de vingt ans. A la fois douce mais engagée, elle explore les chemins de la transgression et de l’insubordination. Devenue incontournable dans le paysage littéraire algérien, elle dévoile à chaque nouveau roman un aspect des violences sourdes que subissent les femmes dans la société. « Rupture du silence imposé, désir de se défaire du poids d’une identité elle aussi imposée par toutes sortes de contraintes morales et religieuses, car cela est étroitement imbriqué chez nous » , explique-t-elle.

Trois ans après « Hizya » qui racontait l’enquête d’une jeune femme à chercher Maïssa Bey2la part de compromission dans les histoires d’amour des femmes de son entourage, c’est maintenant une meurtrière, qui, recluse et résignée après quinze années de prison, prend la parole dans «Nulle autre voix ». Revenue dans l’appartement où se sont déroulés « les faits », elle est approchée par une jeune femme, écrivaine qui s’intéresse aux destins des femmes meurtrières. Tout un jeu, mélangeant la défiance et la confidence, se construit alors entre elles. Mais c’est aussi toute la finesse et la nuance d’écriture de Maïssa Bey qui vient servir une nouvelle fois le roman. Nul doute que cette voix singulière et déterminée s’impose, depuis « Cette fille-là » et « Entendez-vous dans les montagnes ? » comme une immense caisse de résonance de la condition féminine.

 

Rencontre avec Jérôme Ferrari pour son roman « À son image » aux éditions Actes Sud

Samedi 15 septembre à 19h30 (dédicace à partir de 18h00)

À l’aube de la deuxième année d’existence de la librairie, en 2010, Jérôme Ferrari fit une entrée fracassante dans le cercle des auteurs français pour lesquels nous avons une attention particulière. « Où j’ai laissé mon âme », son sixième roman, est resté pour nous un texte phare, indélébile dans lequel l’auteur révélait sa puissance d’écriture tout en créant – à la suite de Laurent Mauvignier l’année d’avant – un imaginaire littéraire autour des blessures secrètes de la guerre d’Algérie. Depuis, Jérôme Ferrari a été couronné par le Prix Goncourt, est allé enseigner la philosophie au Moyen-Orient, a rédigé une chronique hebdomadaire dans le journal La Croix après les attentas de Charlie Hebdo et publié trois autres romans. C’est dans un esprit toujours empreint de questionnement profond et philosophique sur le monde qu’il sort en cette rentrée « À son image », un roman clair et complexe comme il sait si bien les écrire et qui nous font si bien réfléchir.

Roman construit en requiem pour une photo-reporter corse, morte accidentellement, « À son image » revisite un parcours de passion, de combat et d’affranchissement. Mais il aborde également un paradoxe qui traverse l’histoire de la photographie de reportage en interrogeant sa puissance d’aveuglement et ses relations avec le politique. Car, une fois de plus, le contexte dans lequel Antonia évolue puis s’échappe est celui si particulier de la Corse, berceau de Jérôme Ferrari, dont la situation politique n’est pas à un paradoxe près. À bien des égards, on retrouve dans « À son image » tous les thèmes chers à Ferrari et encore une fois, cette plume somptueuse et subjuguante.

 

Causerie de Michèle Reverbel-Dalmasso

Mercredi 12 septembre à 19h30

Michèle R

Un parcours atypique à travers les mots et les humains, Michèle Reverbel-Dalmasso s’installe comme écrivain public à l’aube des années 80 à Valence. Persuadée que ne pas oser écrire est un des premiers signes de l’exclusion, elle transforme petit à petit son métier jusqu’à devenir « éveilleuse d’écriture ». Elle s’engage alors tout au long de sa vie auprès des publics précarisés mais aussi des professionnels accompagnant ces publics en parcourant la France avec ses plumes, ses feuilles et tout le beau matériel mis à disposition de ceux qui veulent se lancer… Élevée en 2015 au rang de Chevalier des Arts et des Lettres, Michèle Reverbel-Dalmasso a également réalisé une exposition d’art postal pour le musée de la Poste. Collectionneuse de ces « traces », elle conserve encore aujourd’hui toutes sortes de correspondances composées parfois de plusieurs milliers de lettres.

Reverbel Dalmasso_Je vous écoute ecrire

Une vie pleine d’anecdotes, de révélations, de fidélités que Michèle Reverbel tend à partager tous azimuts. Il y a ses ateliers, ses expositions, ses livres (dont « Je vous écoute écrire » reste le plus connu), l’arrivée du facteur guettée chaque matin… Mais c’est maintenant par un talent de conteuse qu’elle dévoile cette vie professionnelle richissime et ces expériences qui sont autant de leçons de vie. C’est ce qu’elle a nommé « Causerie », sorte de conférence-spectacle qu’elle propose aujourd’hui dans la librairie. Si, exceptionnellement ce soir-là, elle ne nous écoutera pas écrire, nous aurons l’immense plaisir de l’écouter conter…

« Michèle Reverbel aime ses semblables. Profondément. En donnant l’occasion à certains d’entre eux, coupés de toute pratique de l’écriture, de prendre la plume, elle leur permet de renouer avec eux-mêmes, de redécouvrir leur être intérieur, de goûter cette joie des plus vives qu’on connait à se déverser et exister dans les mots. Avec un humble et total dévouement, elle se consacre à cette tâche.

Et nombreux sont ceux, qui grâce à elle, ont pu un temps faire reculer leur solitude. (Charles Juliet)

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