Archive for the 'Sciences humaines' Category

Rencontre avec Gilles Clément pour « Le grand B.A.L. » aux éditions Actes Sud

Mercredi 30 mai à 19h30

Il est à la fois simple et difficile de présenter Gilles Clément. Le travail de réflexion qu’il mène depuis de nombreuses années à partir de son observation du génie naturel de la planète en fait certainement un des penseurs les plus importants de notre époque. Pour preuve, il a été amené à créer des jardins dans le monde entier car son élaboration philosophique du jardin planétaire et du jardin en mouvement a évidemment quelque chose d’universel. Il peut être à la fois abordé comme un jardinier attentif et philosophe ou comme un savant passionné par des phénomènes naturels encore mal connus et par l’inter-dépendance de l’homme avec son environnement. Ce qui frappe également chez cet homme de science c’est son sens de l’humour et son humilité.

Si Gilles Clément n’est pas habituellement un romancier, il utilise, avec « Le grand B.A.L. », la science-fiction comme un moyen d’imaginer un scénario-catastrophe du point de vue écologique. Mais surtout, il interroge la toute puissance de l’être humain et son désir de maîtrise absolue. A la suite d’une impitoyable « guerre des nuages » qui a décimé une forte proportion des espèces naturelles, le « Bureau » se trouve tout à coup ébranlé par la disparition de la musaraigne Zéphirine. Le plus petit des mammifères est en train d’échapper au système de contrôle. C’est le prétexte pour l’auteur de mettre en relief une galerie de personnages baroques se laissant dépasser par cet événement. C’est aussi l’occasion pour Gilles Clément de dévoiler un style généreux, bourré de néologismes savoureux, et qui fait la part belle à l’inventivité et à l’humour !

 

Gilles Clément sera également à l’Institut Lumière le jeudi 31 mai pour la projection du film d’Olivier Comte

 

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Rencontre avec Sophie Chabanel pour « Le Principe de réalité » aux éditions Plein Jour

Mardi 27 janvier à 19h30

Principe de réalité« Pour les sans-domicile de moins de vingt-cinq ans, il faut s’adresser à La Passerelle. Enfin, sauf pour les femmes avec enfant. Et sauf pour les primo-arrivants. Et pour les familles ça dépend, on peut aussi tenter le pôle Familles. (…) Pour l’hébergement d’urgence, il faut absolument passer par le 115. Malheureusement, ils sont presque injoignables. » Pendant deux ans, Sophie Chabanel a travaillé pour une association d’aide au logement à Lyon, deux ans d’immersion dans un système débordé, où les règles contradictoires et illisibles s’accumulent jusqu’au burlesque. Elle y a rencontré des travailleurs sociaux exemplaires et des bureaucrates las, des gens exaspérés et d’autres exaspérants.
Dans ce carnet de bord qu’elle a rapporté de ses deux ans de vie professionnelle, elle saisit, avec une bienveillance lucide et sans s’interdire l’ironie, des vies entières. Le ton qu’elle donne à ce texte n’est pas sans rappeler celui Jane Sautière et son travail sur la prison. A 45 ans, diplômée d’HEC, Sophie Chabanel quitte un instant le roman pour livrer ce témoignage vif, insolent et intelligent et met en perspective effectivement un certain principe de réalité.
Les éditions Plein Jour, créées à l’automne 2013 par Sibylle Grimbert et Florent Georgesco, ont été conçues à partir d’une idée très simple, qui était d’abord un goût : le goût de la parole, le plaisir d’entendre les gens se raconter, prendre le temps de décrire leur monde avec assez de précision pour que leur récit ne ressemble à rien de ce qu’on a l’habitude d’entendre. Parole pleine, parole unique, hors des sentiers battus, qui rejoint la littérature dans ce qu’elle a de plus singulier, d’inassimilable aux discours convenus.

Rencontre avec Jean-Luc De Ochandiano

Mercredi 16 octobre à 19h30

Lyon à l'italienneDepuis deux siècles, des dizaines de milliers d’Italiens se sont installés à Lyon, puis dans son agglomération. Au départ, il s’agissait surtout de paysans pauvres qui, pendant une partie de l’année, quittaient les montagnes italiennes pour venir gagner quelques sous dans les ateliers ou sur les chantiers, en tant que plâtriers, mosaïstes, sculpteurs sur bois, tisseurs ou ferblantiers. Mais, au fur et à mesure du développement industriel, ils sont de plus en plus nombreux à s’installer à Lyon pour travailler dans les usines qui naissent aux marges de la ville. Des quartiers marqués par une forte présence italienne naissent alors, des entreprises et des commerces italiens se développent, des associations voient le jour. Ils permettent à ces déracinés de préserver leur mode de vie et leurs traditions.

Qui étaient ces Italiens et quelle a été leur vie au cours de ces deux siècles de migration à Lyon ? Comment ont-ils peu à peu trouvé une place dans la ville ? Quelle mémoire a laissé cette immigration, la plus importante à Lyon au cours de ces deux siècles ? En croisant un travail de recherche avec des archives administratives et privées, Jean-Luc de Ochandiano, historien-chercheur, conservateur des bibliothèques à Lyon 3 retrace l’histoire de cette immigration à la fois riche et complexe en remontant au début du XIXe siècle afin de repérer les chaines migratoires dès l’époque de Napoléon et d’étudier les difficultés rencontrées par chaque nouvelle vague d’arrivants. Lyon à l’italienne est un livre clair et très riche en documents souvent inédits.

 

Rencontre avec Alain-Noël Henri

Mercredi 26 juin à 19h30

C'est pas des blaguesEn quarante ans de carrière, consacrés à la formation, à l’enseignement et à la supervision, Alain-Noël Henri est resté fidèle à l’axiome selon lequel on ne pense qu’à partir de sa pratique. Cette réalité avait d’ailleurs aboutie à une précédente publication sous forme d’entretien en 2009. Dans sa pratique à lui, après une agrégation de philosophie, il s’est rendu compte que l’usage d’histoires drôles, de blagues, avait été un outil métaphorique efficace pour « déplacer les enjeux, rendre, mine de rien le mot d’esprit fécond pour la pensée de ses interlocuteurs». Aussi, reprend-il à son compte la citation de Raymond Devos : « Le rire est une chose sérieuse avec laquelle il ne faut pas plaisanter ».

En théorisant la fonction du rire et son effet sur l’auditoire, et en lisant les nombreux écrits sur ce propre de l’Homme, Alain-Noël Henri a pris conscience d’un élément essentiel : son lien à l’angoisse. « Plus précisément, le rire survient au point précis où s’entrevoit la possibilité d’exorciser l’angoisse en en réintégrant la source, simultanément dans l’espace du jeu et de la communauté humaine. »

Ce livre prend le pari de la recension choisie et de(s) l’interprétation(s) de chacune des histoires. Une sorte de bouteille à la mer pour d’inconnus lecteurs qui pourraient intégrer cet outil à leur pratique.